2016-01-20

Acquisitions récentes

2020

Bruce Gray

Bruce Gray - Earth | Photo: Rob Roy

Bruce Gray – Earth
Photo: Rob Roy

Table basse : Earth, 2020,
Bouleau jaune madré, granit de l’océan, sable et bois de cerf,
56,5 × 172,7 × 53,3 cm
Collection Sheila Hugh Mackay d’œuvres de lauréats du prix Strathbutler, achetée avec des fonds fournis par la fondation Sheila Hugh Mackay Inc., 2020
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick.

Commentaire de Peter Larocque

Cette œuvre récente de Bruce Gray, Earth (2020), est constituée d’une pièce de bouleau jaune madré à bordure naturelle hors du commun, rehaussée de granit, de sable et d’un panache de cerf. Cette table évoque l’interconnexion des éléments du monde naturel. La pierre et le sable représentent la Terre, tandis que le panache de cerf évoque le ciel et le plateau en bois, le passage du temps et l’idée d’espace. La disposition et la forme inhabituelles des pieds de la table − décalés et plus espacés à une extrémité − sont liées à ces concepts, évoquant le règne animal et le mouvement. Cette œuvre a été mûrement réfléchie par l’artiste. Les anneaux annuels de croissance de la section transversale du tronc, le granit, le sable et les pointes du panache illustrent clairement le passage du temps. L’incrustation du granit, du sable et du panache dans la surface du plateau renforce l’unité de tous les éléments. À la fois objet utile et œuvre qui s’inscrit dans la tradition des arts décoratifs, cette table donne une dimension artistique au passage du temps et à l’environnement en soulignant leur éternité et leur fragilité.

Tous les matériaux que Bruce Gray a utilisés pour cette œuvre proviennent du Nouveau-Brunswick. Le bois vient d’un tronc de bouleau jaune inutilisé, racheté au Collège de Technologie forestière de Fredericton en 2005; la pierre polie par la mer a été trouvée sur un rivage de Deep Cove, à Grand Manan; le sable de traction vient de Kingsclear; le panache est issu de l’élevage de cerfs Kinghorne, à Grand Manan. L’origine néo-brunswickoise de ces matériaux vient renforcer encore plus l’importance globale de cette création.

Cette table basse est une œuvre d’une puissance saisissante qui transcende les frontières entre l’art et l’artisanat. Elle constitue un ajout de taille à la collection Sheila Hugh Mackay d’œuvres des lauréats du prix Strathbutler − une sélection d’œuvres d’art contemporain qui oblige à repenser des définitions et les caractéristiques traditionnelles des arts visuels du Nouveau-Brunswick.

 


 

2018

Herzl J. Kashetsky

Calligraphic Portrait of Fred Ross (Youth) by Herzl Kashetsky

Herzl J. Kashetsky (Saint John, N.-B., né en 1950)
Calligraphic Portrait of Fred Ross (Youth), 2015
Plume et encre de Chine sur papier vélin
68,5 x 51 cm
Collection Sheila Hugh Mackay des lauréats du prix Strathbutler, achetée grâce à des fonds provenant de la Fondation Sheila Hugh Mackay Inc. 2016 (2016.31.1)
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick

 

Calligraphic Portrait of Fred Ross (Aged) by Herzl Kashetsky

Herzl J. Kashetsky (Saint John, N.-B., né en 1950)
Calligraphic Portrait of Fred Ross (Aged), 2015
Plume et encre de Chine sur papier vélin
68,5 x 51 cm
Collection Sheila Hugh Mackay des lauréats du prix Strathbutler, achetée grâce à des fonds provenant de la Fondation Sheila Hugh Mackay Inc. 2016 (2016.31.2)
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick

 

Commentaire du conservateur Peter Laroque

Né en 1950, à Saint John, au Nouveau-Brunswick, Herzl J. Kashetsky mène, depuis presque un demi-siècle, une remarquable carrière de peintre, en toute indépendance. Après l’obtention de son baccalauréat en beaux-arts avec distinction de l’Université Concordia en 1972, Herzl J. Kashetsky suit, en 1977, trois mois d’études indépendantes à Florence et à Rome, en Italie. Il y documente son environnement immédiat, sa maison, son atelier, sa ville et son patrimoine. Herzl J. Kashetsky va participer à plusieurs importantes expositions individuelles et collectives, à l’échelle régionale et nationale. Ce portraitiste reconnu a reçu de nombreuses distinctions dans sa ville d’origine et ses carnets de croquis ont fait l’objet d’une grande exposition organisée par la Galerie d’art Beaverbrook à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Le Musée du Nouveau-Brunswick possède 17 œuvres signées Kashetsky qui donnent une bonne idée de la nature et de la qualité de sa carrière. En 1976, le MNB fait l’acquisition de deux de ses peintures acryliques − Market Slip & Dock Street (1975) et Studio Interior. En 1982, à l’occasion d’une vente d’atelier, le Musée provincial se porte acquéreur d’une série de huit feuilles de carnet de croquis datant des années où l’artiste faisait ses études à Montréal et de deux autoportraits gravés sur bois (le MNB possède également une seconde version de l’une des gravures, mais qui n’est pas colorée à la main). En 1990, Leslie B. Marcus fait don de deux dessins du milieu des années 1970, puis, en 1995, c’est le Saint John Art Club qui transfère au MNB un dessin datant 1983, Letter to the Artist. En 2007, en vue de représenter l’œuvre de Kashetsky après 1983 dans toute son ampleur, le MNB fait l’acquisition d’une pièce importante, Paint Depot (2004). En 2014, Raisins, œuvre que Kashetsky a réalisée pour souligner l’obtention du prix Strathbutler 2013, vient enrichir la collection Sheila Hugh Mackay d’œuvres de lauréats du prix Strathbutler, présentée au MNB.

Ces deux œuvres marquent, pour Kashetsky, un retour à une technique calligraphique personnelle très raffinée. Il s’agit par-là de rendre hommage à son mentor et ami, Frederick Joseph Ross (1927-2014), les deux artistes ayant eu des ateliers dans le même bâtiment et travaillé en étroite collaboration des années 1980 au début des années 2000. Le premier dessin de Fred Ross, jeune homme, s’inspire d’une image tirée d’un article de journal. Ce portrait se démarque par une calligraphie bigarrée, insufflée par l’entrevue de l’article et le texte d’un discours que Fred Ross a prononcé à l’occasion du vernissage de son exposition de 1950 au Musée du Nouveau-Brunswick. Le second dessin de Fred Ross, représentant un homme plus mûr, s’inspire quant à lui d’une photographie prise par Herzl Kashetsky. La calligraphie y reflète des extraits des éloges funèbres prononcés par la famille et les amis lors du service funèbre de Ross en juillet 2014. Ces deux portraits de Fred Ross réalisés par Kashetsky renforcent la contribution de la Fondation Sheila Hugh Mackay à la collection Strathbutler, présentée au MNB et en constante évolution. Ces dessins sont également une manière, pour la Fondation, de souligner l’apport de Ross, à savoir la bourse Fred Ross créée en 2001 en reconnaissance de l’estime que lui portait la communauté artistique de la province.

 


 

2015

Paul Mathieson

Prelude to a Fireworks Display, Paul Mathieson. Acquise 2015

Prelude to a Fireworks’ Display; Paul Mathieson, 2015
Acrylique sur toile
76 cm x 127 cm

Commentaire de Peter Larocque

Paul Mathieson a créé un style reconnaissable entre mille qui repose sur l’utilisation habile du langage plastique, essentiel à toute création en arts visuels. En plus d’orchestrer soigneusement les relations entre les couleurs, les perspectives complexes et la simplification de la forme, cet artiste manie avec habileté la ligne, le motif et la texture pour unifier ses compositions. Ses peintures sont des récits complexes – ils sont élaborés avec soin, remplis d’allusions personnelles et semés de commentaires non seulement sur la société, le temps et les relations, mais aussi sur les mystères des motivations humaines.

L’œuvre de Paul Mathieson, Prelude to a Fireworks’ Display (acrylique sur toile) est énigmatique. L’espace qui y est représenté n’est pas sans rappeler un décor théâtral. Une foule de personnages posant et gesticulant sont réunis dans un endroit vaguement familier à un moment indéterminé. Des gens, des couples et de petits groupes vaquent à des activités apparemment indépendantes et non reliées – vivant ainsi une utopie effrayante – aseptisées, soit, mais néanmoins inquiétantes. Puisant dans les angoisses de la vie contemporaine, Paul Mathieson intègre des messages énigmatiques et des textes partiels à son tableau rempli d’incidents étonnants. Provocatrice, son œuvre défie le spectateur de s’engager à décoder l’ambiguïté qu’il a créée.